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Formation professionnelle : Réforme du CPF en 2019

 

L’année 2019 verra apparaître un changement majeur dans le domaine de la formation. Avec l’entrée
en vigueur de la loi « Avenir Professionnel » lancée par la ministre du Travail, Muriel Pénicaud, le CPF
que nous connaissons aujourd’hui est voué à disparaitre. L’objectif de la réforme ? Rendre les
citoyens plus maîtres de leur formation. Découvrez tous les changements à venir.

 

Du crédit en heures au crédit en euros du CPF

Actuellement, le Compte Personnel de Formation se comptabilise en heures. Proportionnel au temps
de travail, le crédit du CPF peut atteindre 150 h par an pour un salarié. L’année prochaine, ce crédit
sera comptabilisé en euros.
Les actifs disposeront de 500 € sur leur compte chaque année (s’ils travaillent à plein temps). Le
montant maximal sera de 5 000 € après 10 années de cumul.
Les actifs qui ne disposent pas de diplômes bénéficieront de 800 € par an pour plafonner à 8000 € au
bout de 10 ans.
Le montant prévu par le Gouvernement pour une heure de formation est de 14,28 € pour un actif et
de 9 € pour un demandeur d’emploi.
Le fonctionnement et les bénéficiaires restent similaires, seuls le crédit et sa comptabilité changent.
Pour l’instant, le Ministère ne donne pas d’indications spécifiques liées aux demandeurs d’emploi,
aux retraités ou aux entrepreneurs.

 

Un crédit amoindri

Si ce changement peut sembler assez transparent, il inquiète quelques acteurs, dont les syndicats. En
effet, le basculement de l’heure à l’euro semble entraîner une perte de financement globale.
François Foucard de la CFE-GCG indique « [une formation actuelle peut coûter] jusqu’à 35 euros de
l’heure. Avec 100 heures sur votre compte, vous aviez 3500 euros. Au 1er janvier, ces 100 heures
seront transformées en 1428 euros seulement. »
Sachant que le coût moyen d’une heure de formation est estimé à 30 €, le chiffrage de la ministre
semble très défavorable aux formateurs et aux formés.

 

Comment compenser le manque ?

Faut-il pour autant dépenser tout son crédit avant la mise en application de la réforme ? Par
nécessairement. Tout détenteur d’un CPF peut demander un financement complémentaire si la
formation qu’il a choisie n’est pas entièrement prise en charge par son crédit.
La première demande d’abondement peut se réaliser auprès des OPCO (voir ci-dessous). Attention
cependant, toutes les demandes ne sont pas validées automatiquement, les OPCO procéderont à un
arbitrage selon l’intérêt de la formation dans un parcours professionnel et son adéquation avec la
situation du demandeur.
La seconde demande peut se faire auprès de son employeur. En s’appuyant sur les accords collectifs
d’entreprise ou de branche, le stagiaire peut demander une aide complémentaire à sa structure.
L’accord d’entreprise peut définir les actions de formations qui sont éligibles.
La troisième demande inclut plusieurs organismes. En 2019, Pôle Emploi pourra toujours abonder,
mais il sera rejoint par l’UNEDIC et les collectivités territoriales.

 

D’autres changements en perspective

Au-delà d’un changement comptable, les acteurs verront arriver des nouveautés :
– Le détenteur d’un CPF disposera d’une application dédiée.
– Sur ses portails, le stagiaire disposera d’un accès direct à toutes les formations proposées. Plus
besoin d’autorisation, il pourra s’inscrire à n’importe quelle formation recensée.
– Les 20 OPCA seront regroupés en 10 OPCO. Ces instances aideront les branches à construire des
certifications professionnelles et deviendront soutien aux PME.
– Les URSSAF collecteront la contribution obligatoire des entreprises.
– Le paiement des formations passera par la Caisse des Dépôts.

Ces nouvelles actions sont amenées à chambouler tout le système actuel. Cependant, la réforme
n’entrera en vigueur qu’en septembre 2019. Les acteurs ont donc tout le temps de voir venir.

Le 22/12/2018 par Raphaële CHAMP.

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